Après six ans de négociations avec le ministère des Transports du Québec (MTQ), la municipalité de Labelle voit enfin son rêve se concrétiser : une voie de contournement de la route 117.
Les travaux ont démarré le 6 juillet dernier et prendront deux ans à s’achever. La ministre responsable de la région des Laurentides, Michelle Courchesne, l’avait annoncé l’hiver dernier à Mont-Tremblant. Ces travaux représentent un investissement de près de 44 millions $. On a prévu une route à quatre voies, à chaussées séparées, de 6,95 kilomètres de long. La déviation se fera à environ un demi-kilomètre à l’ouest de l’actuelle route 117.
On commence par défricher le terrain, ce qui constitue la première phase des travaux entrepris par l’entreprise Construction Couillard. Le ministère tient à préciser avoir reçu les autorisations pour ce faire en prenant des précautions concernant l’environnement, le secteur vivant présentement la période de nidification des oiseaux. Ainsi, le déboisement a pu commencer seulement à partir du 15 juillet.
Les futures voies ont été tracées au bout de la rue de la Montagne, tout près du garage Sonic (adjacent au parc René-Lévesque) et à la Montée Fugère. Pour accéder au chantier, on emprunte la rue de l’aéroport, via l’ancienne artère de décollage.
Revitalisation du centre-ville
Outre ces imposants travaux, le centre-ville de Labelle – actuellement traversé par la 117 – retrouvera son lustre d’antan. En effet, on revitalisera le noyau urbain, notamment par un réaménagement géométrique de routes, une correction du drainage pluvial et de l’asphaltage sur 2,9 kilomètres. En plus de l’aménagement de pistes cyclables et d’une section de piste multifonctionnelle. Au parc René-Levesque, on installera le bâtiment d’information touristique actuellement situé à l’entrée de la municipalité. « Contrairement à Rivière-Rouge, on attendra la fin des travaux de contournement avant de s’attaquer à la revitalisation du noyau villageois », explique le maire Gilbert Brassard. Pour ce faire, le ministère des Transports injectera 1 100 000 $ alors que la municipalité contribue pour 900 000 $ à refaire la rue du Collège. Les travaux ont déjà commencé et se termineront d’ici la fin de l’automne : on a entrepris le réajustement du réseau d’aqueduc, la réfection de l’asphaltage et des trottoirs, le reboisement, etc. « Le noyau villageois sera plus convivial », explique M. Brassard. Les travaux démarreront d’ici deux ans, après la complétion de la voie de contournement. Ils prendront un autre deux ans pour s’achever, soit d’ici la fin 2014. « Bien sûr, les commerçants craignent une baisse d’achalandage », confie le maire. Un comité formé de commerçants et d’élus a été mis sur pied pour en discuter. Des idées comme un affichage à l’entrée de la ville juste avant le contournement ont émergé, de même qu’un accueil supérieur réservé aux touristes. Cependant, on gagnera l’avantage de diminuer le camionnage lourd sur la rue principale, le boulevard Curé-Labelle, qui traverse le cœur de la municipalité,. Actuellement, selon les données de 2010 du ministère des Transports, 9 000 véhicules par jour circulent sur le tronçon entre La Conception et Labelle. Plus précisément, 10 800 en période estivale et 7 300 l’hiver. Les véhicules lourds constituent 13% de la circulation, selon les données les plus récentes, qui remontent à 2004. Rappelons que Labelle a décroché le titre de premier village-relais au Québec il y a trois ans. Cette appellation reconnait les efforts d’une municipalité pour hausser la sécurité des usagers de la route, offrir un accueil de qualité, de même qu’une diversité de services et démontrer une vision de mise en valeur touristique des lieux et bâtiments patrimoniaux. Le titre demeure à renouveler aux cinq ans.
