Nelson Éthier, directeur des travaux publics de la municipalité de Nominingue, parle avec un certain respect de celle qu’il qualifie de « belle inconnue », car la Berce du Caucase est diablement magnifique. Mais il la compare aussi à un « intrus à un party qui ne devrait pas être là et dont on ne sait comment se débarrasser. Nous avons amorcé un combat qui durera encore quelques années. »
Envahissante, source de nombreux problèmes en Europe, elle est arrivée au Québec vers 1990. Elle colonise les habitats frais et humides (berges et fossés) et les lieux perturbés (le long des chemins de fer ou des routes, dans les prés et les terrains vagues). Elle s’y fait bronzer au soleil pour mieux s’épanouir.
À Nominingue, on a recensé une dizaine de colonies. M. Éthier signale qu’à sa connaissance, tous les sites contaminés ont été visités en 2011 pour étêter les plants et les affaiblir. Puis, tel que prescrit par les experts du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, fleurs et graines ont été enfermés dans des sacs de plastique et isolés durant un certain temps avant de procéder à l’enfouissement.
Un combat de longue haleine
"La période de suffocation recommandée est de deux semaines, résume M. Éthier. Nous l’avons prolongée. L’automne dernier, nous avons déraciné les plants et recouvert le sol avec du géotextile et une certaine épaisseur de terre pour limiter la repousse. Nous venons de faucher les plantules avant la floraison.
« Nous sommes présentement en mode observation. Il y en aura encore dans les prochaines années, quoique en moins grandes quantités. C’est un combat de longue haleine, entre autres parce que la plante peut se reproduire facilement et rapidement. De plus, au Québec, il n’y a pas tant de gens que cela qui savent comment procéder pour l’éradiquer et il n’est pas toujours facile d’obtenir des informations pertinentes. Précisons que nous n’utilisons pas de pesticides, que le travail se fait à la main et que nous intervenons sur les emprises municipales et non pas sur les terrains privés.»
Il faudra des années pour venir à bout de cette « herbe à puce » format géant ! -
Pour éviter la multiplication de la Berce du Caucase, la municipalité a décidé d’élaborer un règlement sur les plantes nuisibles. La population est invitée à aviser le département des Travaux publics pour obtenir les informations requises pour la manipuler avec les précautions d’usage et l’éradiquer.
Des brûlures graves
Les gens confondent souvent la Berce du Caucase avec la Berce laineuse, notre berce indigène, parce que les différences entre les feuilles et les fleurs ne sont pas toujours faciles à établir pour un néophyte.
Contrairement à notre espèce indigène, la Berce laineuse ou Grande berce, dont la taille n’excède pas les 200 cm (6 pieds), la Berce du Caucase peut atteindre 5 mètres (16 pieds) de hauteur. Sa tige creuse et robuste est garnie de poils durs et de nombreuses taches pourpres. Ses feuilles profondément dentelées peuvent mesurer 1, 5 mètres de largeur et 3 mètres de longueur.
« Il ne faut pas plus faire peur au monde que prendre la Berce du Caucase à la légère, ajoute Nelson Éthier. À certaines étapes de sa croissance, la plante manipulée à mains nues peut causer des brûlures graves. N’allez pas croire qu’elle crache comme un chameau, mais qui s’y frotte de façon inadéquate s’y pique! Lorsque nos employés s’attaquent à ces plantes, ils sont vêtus comme s’ils allaient sur la lune. »
On pourrait comparer la berce du Caucase à une sorte d’herbe à puce (sumac vénéneux) format géant! Mieux vaut donc prévenir que risquer des brûlures au troisième degré.
Pour en savoir plus : www.mddep.gouv.qc.ca/biodiversite/nuisibles/berce-caucase/index.htm

