Si les voyages forment la jeunesse, celui entrepris depuis la Bourgogne (France), il y a plus ou moins 11 ans, par Jean-Louis et Bernadette Alix, qui avaient pour destination Mont-Tremblant, a satisfait leur besoin d'élargir leurs horizons. Ce voyage a aussi placé Anthony, l'un de leurs six enfants, sur la voie menant à une carrière au football professionnel. Dans la Ligue canadienne, avec les Argonauts de Toronto.
« On voulait du changement », a franchement résumé Anthony au nom de sa famille, lorsque nous l'avons rencontré, quelques heures avant d'affronter les Alouettes de Montréal pour la première fois de la saison.
En Bourgogne, dans la municipalité de Saint-Vallier, ses parents ont opéré une boulangerie-pâtisserie pendant 18 ans. « Un jour, ma mère a fait la découverte, en naviguant sur internet, de la municipalité de Saint-Vallier de Bellechasse, au Québec », ajoute Anthony. Cette trouvaille a semé la graine de l'éventuel enracinement de la famille dans les Hautes Laurentides.
Poussés par le goût de voir du nouveau, Jean-Louis et Bernadette ont mis le cap sur Saint-Vallier de Bellechasse, où ils ont fait la connaissance d'un couple qui était propriétaire d'une… boulangerie. Cette rencontre a débouché sur une amitié qui a fait naître l'idée de créer la Fête du pain. Un événement qui avait pour but de faire découvrir aux jeunes et moins jeunes l'art de faire du pain.
Un Bol d'or à son actif
Trois fois Jean-Louis et Bernadette sont-ils venus au Québec. Le troisième voyage, auquel a participé Anthony, a été décisif. « Au retour, il y a eu une réunion de famille (pour discuter de l'idée bien ancrée de s'installer au Québec) », précise celui qui porte aujourd'hui le # 13 du gilet des Argonauts.
Anthony avait 14 ans quand la famille s'est installée à Mont Tremblant, où ses parents sont devenus propriétaires d'une boulangerie, Domaine de la Folie (www.domainedelafolie.ca).
« Ma première année ici a été dure. Mon accent était irritant pour certains et cela m'a causé des ennuis. Je n'avais pas d'amis. » -
Il a avoué que l'adaptation à son nouvel environnement a été éprouvante. « Ma première année ici a été dure. Mon accent était irritant pour certains et cela m'a causé des ennuis. Je n'avais pas d'amis. »
Anthony ne s'est pas laissé abattre toutefois. Il a su se faire respecter, parfois en usant de ses poings, reconnaît-il, et puis, prenant l'accent québécois, tout est rentré dans l'ordre.
Habitué à faire du sport (rugby, soccer, gymnastique), il a fait la découverte du hockey, qu'il a pratiqué aux niveaux bantam et midget. Puis le football devint un nouveau centre d'intérêt. Il prenait plaisir à effectuer des bottés, durant les récréations, dans la cour de l'école Curé Mercure. Remarqué par Stéphane Leclerc, entraîneur pour les Voyageurs, l'équipe de football de l'école, il a été invité à joindre les rangs de la formation.
Au bout de trois ans avec les Voyageurs, Anthony a pris la direction de Trois-Rivières, où Leclerc était devenu entraîneur des Diablos, de la Ligue collégiale AA du Québec. « J'ai beaucoup aimé les trois ans passés à Trois-Rivières, d'autant plus qu'à ma première année, nous avons gagné le Bol d'or », a-t-il souligné en souriant.
Désirant aller plus loin dans le football, Anthony s'en est allé à l'université St. Francis Xavier, dans les Maritimes, dans le but aussi de faire l'apprentissage de l'anglais. Il a fait trois ans de football universitaire.
Ce printemps, les Argonauts ont tenu un camp d'essai dans les Maritimes pour joueurs autonomes. Anthony a retenu l'attention de l'entraîneur en chef Scott Milanovich et il a été invité au camp d'entraînement des Argonauts où il a réussi à se faire une place dans la formation.
« Je dois beaucoup à mes parents et au soutien de toute la famille, car sans eux, je ne serais pas là où je suis », a tenu à dire Anthony pour conclure.
